Mercredi 16 novembre 2005
J'étouffe !! Mes sens sont en alerte... ça clignote de partout... la surface... est-elle encore loin ? De l'air, vite, de l'air, de l'air, de l'air. Je ne peux plus respirer ! Il faut que j'économise mon souffle : ne vas pas trop vite ou tu ne retrouveras jamais le ciel.
Ça tourne, je n'ai plus d'air ! Vite, vite, plus vite, ça chauffe au fond de moi. Mes poumons vont exploser, ça tambourine dans ma tête... je n'ai plus de force...
Tiens... Bonjour papy ! Ça fait plaisir de te revoir ! Mais que fais-tu au fond de l'eau ? ça va mieux d'un coup...
Oooh ! Bonjour mon kiki ! Tu m'as manqué... tu gambades toujours aussi bien depuis que tu es passé sous les roues d'un truck...
Par grume falciforme
-
Publié dans : Oesophage de pangolin
0
-
Recommander
Mercredi 16 novembre 2005
Cette pièce étrange... ce n'est pas la première fois que j'y pénètre mais... tout est différent. Elle n'a pas de murs, ou plutôt elle en a tantôt 2, 3, 4, 5 même 13, 14...
Les meurtrières dessinent des rais de lumière sur les murs rouge sombre.
Accroché à l'un des nombreux murs, un grand cadre doré dont les moulures représentent des fleurs hérissées de pointes acérées. Dans le cadre, tantôt le portrait d'un être cher disparu, tantôt un miroir.
Un miroir... que je peux traverser. Une sensation de fourmillement et puis me voilà plongée au milieu de souvenirs désagréables... autour de moi fusent les remarques blessantes que j'ai pu adresser à mes proches...
Qu'est-ce réellement que le regret sinon que le retour sur soi de la haine qu'on a pu déverser sur les autres ?
Par grume falciforme
-
Publié dans : Oesophage de pangolin
0
-
Recommander
Mercredi 16 novembre 2005
A chaque pas, chaque souffle, chaque regard j'ai aimé la vie haï la mort et vice-versa. On ne se rend pas compte. On NE PEUT PAS se rendre compte. Chaque regard... combien sont morts ici ? Et là ? Combien ont été torturés ? Ici ? Et là ? Combien ont payé de leur vie la fabrication, la mise en marche de cette machine, de ces engrenages d'exterminations, de souffrances ? Combien de litres de sang se sont déversés ? Ici ? Et là ? Combien d'âmes ? Combien de souvenirs ? Combien de cris ? De volutes de fumée ? D'espoirs, de tentatives ? Comment ? Comment l'ampleur de cette « Mort » peut-elle être mesurée ? Doit-on ? De minces feuilles de papier, des bribes de phrases ET POURQUOI ? Des beaux discours... c'est trop tard. Qui vraiment pourra témoigner ? Qui ? Qui... on ne peut pas se rendre compte... beaucoup trop tard.
En chemin, des tas de bois. Des troncs. Empilés. Comme tous ces déportés au fond de leur fosse.
Par grume falciforme
-
Publié dans : Oesophage de pangolin
0
-
Recommander
Mercredi 16 novembre 2005
Au début c'est pas facile... on est gentil mais... c'est pas la joie... ici la société et le respect c'est pas la première chose qui vient à l'esprit quand on arrive... l'important c'est d'avoir assez de bouffe pour soi, sachant que les plus costauds se servent avant toi sur ton repas que tu aurais pourtant bien mérité... après, la survie... il faut courir vite, savoir se battre ; quand le chef arrive, rugissant, au regard cruel, on sent qu'avec sa force il en a déchiqueté plus d'un... là te battre ne sert à rien. Il faut se soumettre. Ce n'est pas facile mais dans ce milieu hostile, quand le chef, aux muscles saillants, a faim, il faut faire vite. Sinon... personne ne viendra te sauver. Il continuera à répandre la crainte parmi les siens. Pendant longtemps... jusqu'à... sa sortie de prison...
Par grume falciforme
-
Publié dans : Oesophage de pangolin
0
-
Recommander
Mercredi 16 novembre 2005
Ecoute ton Coeur. Fais ce qu'il te plait. La vie est devant toi. Profite de ta jeunesse, tu es libre. Fais ce que ton cœur t'ordonne. Roule toi à poil dans les champs avec une jeune bergère jusqu'à ce que mort s'ensuive parce que le paysan à la carabine encore fumante n'aime pas qu'on bousille ses jeunes plans d'avoine.
Traîne dans la rue et dis bonjour aux gens, souris, respire à fond le dioxyde de carbone, jusqu'à ce que mort s'ensuive –tes mignonnes alvéoles pulmonaires n'ont pas apprécié que tu colles ton petit nez dans un pot d'échappement.
Rigole avec les SDF, plaisante avec leurs bouteilles. Tu as le droit, tu es jeune. Passe la nuit sous le pont avec eux – tu verras, c'est drôle, même si il fait froid t'as de la bibine pour te tenir chaud – jusqu'à ce que mort s'ensuive : fausse idée, l'alcool ne réchauffe pas et les grands froids arrivent, alors tu rentres chez toi mais surprise ! En fait t'as plus d'appart ni de boulot et tu as dépensé tout ton blé pour payer à boire à tes nouveaux potes. Là tu crèves de froid, de faim, mais c'est pas grave de toute façon il y a plein d'autres jeunes qui attendent pour prendre ta place... allez, circulez, il n'y a plus rien à voir...
il n'y a rien de méchant à l'égard des SDF dans ce texte, bien au contraire, mais des fois ce que j'écris, même si c'est parfaitement clair pour moi, ne l'est pas pour tout le monde... ceci n'est qu'un texte, je n'y expose pas mon point de vue...
Par grume falciforme
-
Publié dans : Oesophage de pangolin
0
-
Recommander
Mercredi 16 novembre 2005
Oui, je suis homosexuelle. Ou plutôt bisexuelle. Pourquoi est-ce que j'ai longtemps cherché à refouler tout ça ? Pourquoi est-ce que je ne voulais pas, pourquoi est-ce que c'est si dur de s'avouer ce genre de choses ? Nous sommes censés vivre dans un pays libre, égalitaire... alors pourquoi redoute-t-on toujours autant la réaction des ses proches à l'annonce de ce genre de nouvelles ? Pourquoi d'ailleurs y aurait-il une réaction à redouter ? Est-ce normal qu'on vous réponde : « ne t'inquiète pas, ça va passer... » ? Est-ce que, par hasard, y aurait-il chez nous la crainte de voir apparaître un regard d'incompréhension et d'intolérance dans les yeux de ceux que l'on aime ? Crainte justifiée... car l'intolérance est là, confortablement installée et entretenue par le culte de la peur véhiculé par des médias peu scrupuleux...
A cela s'ajoute le problème des cultures misogynes qui acceptent peu l'homosexualité masculine et pas du tout l'homosexualité féminine... je cite par exemple le cas de la Grèce, que l'on pourrait supposer être un pays « évolué », mais alors qu'est-ce que l'évolution ? Un pays où subsiste l'intolérance, et ce quelque soit la forme sous laquelle elle existe, est-il vraiment un pays évolué ?
merci de ne voir ici que de la fiction, il n'y a rien d'autobiographique dedans, j'expose simplement mon opinion à travers le discours de quelqu'un d'autre...
Par grume falciforme
-
Publié dans : Oesophage de pangolin
0
-
Recommander
Mercredi 16 novembre 2005
Le mariage... c'est un bien grand mot... et les hommes, alors... entre celles qui disent que tout être de sexe masculin est dangereux mais qui ne conçoivent pas leur vie sans... celles qui leur courent après mais qui les considèrent comme jetables, comme des rasoirs ou des appareils photos de premier prix... celles qui en veulent mais qui n'en ont pas, celles qui en ont trop, c'est comme la nourriture, il y a des sérieux déséquilibres dans ce monde...
Le mariage, c'est bidon, ça coûte cher et au final pourquoi ? Porter une jolie robe, faire plaisir à papa-maman-et-tatie-jeannette, réunir la famille, se faire des cadeaux... mais a-t-on vraiment besoin d'un mariage pour faire tout ça ? Pourquoi a-t-on besoin de se fixer des dates pour s'aimer et se faire plaisir ? « Ah, tiens, dans deux jour je vais faire un cadeau à mamie... » Etc. je trouve ça grotesque ! Mais grotesque !
Par grume falciforme
-
Publié dans : Oesophage de pangolin
0
-
Recommander
Mercredi 16 novembre 2005
Le temps c'est de l'argent
L'argent c'est du travail
Le travail c'est la vie
Le père noël est là
Mais le père fouettard le suit
Une survie organisée
C'est pas moi l'agent
Faute de quoi
On renouvelle le bail
Alors c'est reparti
Le boulot la misère
La sueur rougit le temps file
Demain c'est trop tard
Ne jamais apprendre la vie
Le père noël est là mais...
Le père fouettard le suit...
C'est pile ou face
Je pers ou il gagne
Chez moi c'est pile
Je vous emmerde
La colonne de feu attend
La corne de brume chantant
Et moi... crevant.
un texte en l'honneur de celui ou celle qui me trouvera un air pour chanter ça dessus!!
Par grume falciforme
-
Publié dans : Oesophage de pangolin
0
-
Recommander
Mercredi 16 novembre 2005
Alors voilà! Je refuse de cautionner ouvertement l'immense hébergeur de blogs dont je tairais le nom. C'est pourquoi je recommence mon blog ici. Mes textes, mes dessins, mes chansons favorites, parfois mes photos, le voyage en Angleterre, des anecdotes et des réactions... un peu de tout.
L'image, c'est Charlie Chaplin en Charlot, c'est moi qui l'ai dessiné, c'est une partie de dessin en quelque sorte, j'ai fait un décor autour de lui ensuite mais on ne le voit pas.
Par grume falciforme
-
Publié dans : Oesophage de pangolin
0
-
Recommander